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Discussion: Mais où sont passés les noctambules ?

Vue hybride

  1. #1
    Noctambules Avatar de Philippe
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    Je ne sais plus si j'en ai déjà parlé ici, mais ma profession est telle : j'enseigne le « français langue étrangère » dans un réseau qui s'appelle, en Belgique, la Promotion sociale. Cela signifie que mes étudiants sont tous des adultes (tant mieux, cela évite tout problème de discipline ... ) non-francophones, et qui souhaitent se perfectionner en français ; parmi ces étudiants il y a beaucoup de Russes. Pas seulement hein cette année nous avions dans cette école plus de 80 nationalités. C'est une grande école
    Parlons ici uniquement des Russes. Il n'y aurait en effet aucun intérêt, à ce jour, à parler de notre unique étudiant néo-zélandais, ou de cette étudiante des îles Nauru surgie d'on ne sait où ...
    Tous les étudiants russes avec qui j'ai conversé, en classe ou en privé, soutiennent Poutine. Tous. Nos étudiant(e)s venant d'Ukraine, d'Arménie ou même de Géorgie, sont plus mitigés. Ils estiment qu'une moitié d'eux est de culture russe, l'autre moitié étant qui, ukrainienne, qui arménienne, qui géorgienne. Comme s'ils étaient, à titre individuel, tous "partagés". Les seuls à nourrir une haine indéfectible à l'égard de Poutine étant les étudiants (nous en avons beaucoup) issus des ex-républiques musulmanes : Tchétchènes, bien sûr, mais aussi Hazaras (opprimés aussi en Afghanistan, pourchassés, contraints à l'exil ...), Caucasiens ou Tatares. Toutes ces "minorités" disposent d'organismes dûment accrédités pour défendre les droits (politiques, religieux et linguistiques) de leurs ressortissants, en Belgique mais aussi en Russie. Pourtant toutes considèrent Poutine comme un dictateur.
    À l'inverse, nous avons des russophones de toutes origines et avec des parcours très variés, qui pensent que Poutine est un garant de l'identité russe (qui est très différente de l'identité "européenne") et qui permet de ce fait à la Russie de se tenir dans le rang des toutes premières puissances du monde.
    Nous n'avons rien de tel en Europe. L'Europe à l'heure actuelle est un des ventres mous de la politique mondiale, alors qu'elle abrite une bonne part de la civilisation et d'une certaine idée, d'un héritage pourrait-on dire, de la démocratie. Je pense que tout cela n'est que foutaise. Une démocratie pleinement appliquée ne pouvant s'exercer que si elle se traduit par des actes sûrs, correctement menés, pensés, mûrement réfléchis ... mais non par un collège de fonctionnaires. Il y a une identité russe, mais il n'y a pas d'identité européenne. Quel commun accord entre Grecs, Espagnols et ... Allemands ? si l'Allemagne veut prendre le leadership en Europe, qu'elle le fasse ! puisqu'elle impose déjà (avec la complicité de la France) une politique commune à tous les pays membres de l'UE, qu'elle désigne son Président de l'UE ! qu'elle arrête de faire gaspiller par les autorités de Bruxelles trois tonnes et demie de papier par jour parce que tout document doit être traduit dans 24 langues ! faisons à l'instar de Poutine ! et imposons l'allemand comme langue de l'UE !!! et déclarons dans la foulée la guerre à tous les autres continents, pour faire revivre l'économie !!! la France pourrait participer à cet effort de guerre ; toutes les autres composantes deviendraient des minorités dûment respectées, contrôlées et contingentées. Le monde évolue ...
    (comment ça, c'est du déjà vu ... ) mais non mais non, nous sommes déjà dans une économie de guerre

    En résumé (car je suis que tu n'as rien compris, ayant moi-même des difficultés à me comprendre moi-même) : l'Europe actuelle n'est encore qu'une illusion, à ce jour mal pensée, mal gérée et mal construite, - et il y a encore beaucoup de chemin à parcourir
    .
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  2. #2
    Noctambules Avatar de Human-Fly
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    Citation Envoyé par Philippe Voir le message
    Je ne sais plus si j'en ai déjà parlé ici, mais ma profession est telle : j'enseigne le « français langue étrangère » dans un réseau qui s'appelle, en Belgique, la Promotion sociale. Cela signifie que mes étudiants sont tous des adultes (tant mieux, cela évite tout problème de discipline ... ) non-francophones, et qui souhaitent se perfectionner en français ; parmi ces étudiants il y a beaucoup de Russes. Pas seulement hein cette année nous avions dans cette école plus de 80 nationalités. C'est une grande école
    Parlons ici uniquement des Russes. Il n'y aurait en effet aucun intérêt, à ce jour, à parler de notre unique étudiant néo-zélandais, ou de cette étudiante des îles Nauru surgie d'on ne sait où ...
    Tous les étudiants russes avec qui j'ai conversé, en classe ou en privé, soutiennent Poutine. Tous. Nos étudiant(e)s venant d'Ukraine, d'Arménie ou même de Géorgie, sont plus mitigés. Ils estiment qu'une moitié d'eux est de culture russe, l'autre moitié étant qui, ukrainienne, qui arménienne, qui géorgienne. Comme s'ils étaient, à titre individuel, tous "partagés". Les seuls à nourrir une haine indéfectible à l'égard de Poutine étant les étudiants (nous en avons beaucoup) issus des ex-républiques musulmanes : Tchétchènes, bien sûr, mais aussi Hazaras (opprimés aussi en Afghanistan, pourchassés, contraints à l'exil ...), Caucasiens ou Tatares. Toutes ces "minorités" disposent d'organismes dûment accrédités pour défendre les droits (politiques, religieux et linguistiques) de leurs ressortissants, en Belgique mais aussi en Russie. Pourtant toutes considèrent Poutine comme un dictateur.
    À l'inverse, nous avons des russophones de toutes origines et avec des parcours très variés, qui pensent que Poutine est un garant de l'identité russe (qui est très différente de l'identité "européenne") et qui permet de ce fait à la Russie de se tenir dans le rang des toutes premières puissances du monde.
    Nous n'avons rien de tel en Europe. L'Europe à l'heure actuelle est un des ventres mous de la politique mondiale, alors qu'elle abrite une bonne part de la civilisation et d'une certaine idée, d'un héritage pourrait-on dire, de la démocratie. Je pense que tout cela n'est que foutaise. Une démocratie pleinement appliquée ne pouvant s'exercer que si elle se traduit par des actes sûrs, correctement menés, pensés, mûrement réfléchis ... mais non par un collège de fonctionnaires. Il y a une identité russe, mais il n'y a pas d'identité européenne. Quel commun accord entre Grecs, Espagnols et ... Allemands ? si l'Allemagne veut prendre le leadership en Europe, qu'elle le fasse ! puisqu'elle impose déjà (avec la complicité de la France) une politique commune à tous les pays membres de l'UE, qu'elle désigne son Président de l'UE ! qu'elle arrête de faire gaspiller par les autorités de Bruxelles trois tonnes et demie de papier par jour parce que tout document doit être traduit dans 24 langues ! faisons à l'instar de Poutine ! et imposons l'allemand comme langue de l'UE !!! et déclarons dans la foulée la guerre à tous les autres continents, pour faire revivre l'économie !!! la France pourrait participer à cet effort de guerre ; toutes les autres composantes deviendraient des minorités dûment respectées, contrôlées et contingentées. Le monde évolue ...
    (comment ça, c'est du déjà vu ... ) mais non mais non, nous sommes déjà dans une économie de guerre

    En résumé (car je suis que tu n'as rien compris, ayant moi-même des difficultés à me comprendre moi-même) : l'Europe actuelle n'est encore qu'une illusion, à ce jour mal pensée, mal gérée et mal construite, - et il y a encore beaucoup de chemin à parcourir

    De mon point de vue, ce sont les guerres européennes et en particulier les deux guerres mondiales qui ont conduit à la construction de l'Union Européenne dans les années 1950.
    D'autant qu'il semblait logique de considérer que les Européens pouvaient dans une large mesure partager des intérêts communs dans tous les domaines, et sans doute de façon particulièrement évidente dans le domaine économique. Ce point devrait d'ailleurs sembler de plus en plus évident dans une économie de plus en plus mondialisée.
    Sans compter des intérêts culturels, politiques, stratégiques, voire militaires (etc...) que les Européens devraient avoir aussi largement en partage.

    Selon moi, l'Europe est -virtuellement du moins- un géant économique, avec aussi un énorme potentiel sur un plan culturel, linguistique, stratégique, et sans doute aussi scientifique, militaire, etc...

    Mais à l'heure actuelle, l'Europe reste malheureusement un nain politique. Dont la puissance virtuelle n'a d'égale que la faiblesse réelle.
    On pourra accuser la bureaucratie, la très perfectible démocratie des institutions, la représentation médiocre des citoyens par les responsables européens, et sans doute encore d'autres choses...

    Mais à mon humble avis, les imperfections de l'Europe et sa faiblesse dans les faits sont attribuables en grande partie à un choix entre deux modèles. Un choix qui jusqu'alors n'a encore jamais été fait. Du moins jamais jusqu'au bout.

    Cet effet de "ventre mou" ( ) vient selon moi du fait que la construction européenne s'éternise.
    Nous ne sommes plus, fort heureusement, dans une Europe d'états nations souverains. Cette structure ou absence de structure de la politique à l'echelle européenne a conduit aux guerres du passé. En particulier les deux guerres mondiales. Vouloir y revenir serait une pure folie.

    Mais nous ne sommes pas non plus, hélas et loin s'en faut, dans la situation d'un état fédéral européen.
    Pourtant, l'adoption d'une monnaie unique était, selon moi, le premier élément d'une politique fédérale. Et le préalable à la création d'un état fédéral européen.

    L'Europe se situe à mi-chemin de ces deux options, et devra un jour trancher. Et se donner les moyens d'assumer son choix.

    Pour moi, la seule perspective logique et réaliste, la seule perspective indispensable est celle d'un état fédéral européen.

    Et la langue officielle pour un tel état serait bien évidemment l'Anglais.

    Par ailleurs, et sans lien direct avec ce qui précède, je ne peux pas blairer Poutine.
    Alors que je peux poutiner Blair, par contre.

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